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La présence des musulmans en terre gauloise remonte à la période médiévale ; elle reste l’une des pages les plus mal écrite de l’Histoire de la France. La mémoire collective reprise dans les manuels scolaires n’a retenu de cette présence que le volet conflictuel et belliqueux comme la bataille de Poitiers, un choix qui en dit long sur le prisme choisi pour aborder la question de la présence musulmane.

 

un grand politicien, à l’occasion de son meeting de primaires, n’hésite pas à proclamer très récemment, « Il y a un dernier problème qu’il faut régler, c’est celui de la place de l’islam dans la République Française ». Selon lui, il n’y aurait pas de communautarismes catholique, protestant, juif, bouddhiste…qui menacent la République, « il y a un problème de l’Islam, en France », formule empruntée à un « brillant récent académicien ». Le problème serait, selon lui et d’autres qui applaudiraient, rien de moins qu’un « soucis culturel et de civilisation ». La France, ou une partie  continue à créer ses polémiques sans poser le débat ; les épisodes d’un feuilleton à rallonge du voile, du burkini, le halal, les repas des petits musulmans à la cantine scolaire…, Ce tout, amplifié par des surenchères politiques dans un contexte difficile d’attentats terroristes, a désorienté les boussoles.

 

Faute de savoir, de penser, beaucoup de ceux qui devraient éclairer, éduquer et rassembler, se mettent à exciter, abêtir, énerver et diviser. Ils n’ont rien d’autres à proposer qu’une passion déchainée sous couvert d’une obsessionnelle islamophobie.

 

Ces représentations qui se veulent inspiratrices d’un « Islam de France », qui prônent un effacement culturel et une acculturation et qui construisent la stigmatisation d’une composante de la société française, au prétexte de son identité religieuse ou communautaire, sont largement diffusées et banalisées en tant qu’évidences par les media.

 

Confondre cette composante entière avec les actes de quelques individus qui se réclament ou se prévalent de l’Islam, c’est faire le lit de l’injustice et de l’intégrisme. « Laisser s’installer ces discours par notre silence c’est habituer nos consciences à l’exclusion, en y installant la légitimité de la discrimination et la respectabilité de l’amalgame », écrit Edwy Plenel dans son essai « Pour les musulmans ».

 

La République serait-elle moralement atteinte et aurait-elle oublié le meilleur d’elle-même : une constitution qui prône la laïcité et la neutralité d'Etat et une loi de 1905 tolérante et garante de la liberté religieuse. La République semble-elle marcher tête en bas quand elle banalise ce racisme envers les musulmans, sous couvert du rejet de leur religion allant jusqu’à vouloir définir elle-même le contour de son Islam.

 

En quoi les musulmans français seraient-ils une menace pour la République. En quoi la religion musulmane serait-elle opposée aux valeurs fondamentales de la République Française et représenterait-elle un danger. « L’islam de France » serait-il un concept innovant ou serait-il semblable à celui initié, depuis plus de 30 ans par certaines composantes musulmanes de France.

 

 

Or, Comment permettre à la composante musulmane de France, malgré tout cet environnement hostile de se concrétiser comme une source de richesse valorisée ; de s’affirmer dans son rôle citoyen engagé.  Comment installer un vivre ensemble sincère loin des clichés, des préjugés, de la stigmatisation et des enjeux électoralistes. Comment combattre les propos et les représentations racistes détestables et néfastes. Bref, comment éclairer les lanternes, éduquer les esprits et élever le débat, à la hauteur des espoirs d’avenir

 

La RAMN 10 avec sa thématique « la République et ces ses musulmans » se veut une occasion d’échanges et d’une réflexion approfondie sur ces questions sensibles qui méritent d’être traitées selon plusieurs angles de vue différents : sociologique, politique, religieuse, historique…